Après avoir sculpté
et peint la terre durant quinze ans mon travail s’inscrit
désormais sur la toile.
Cette évolution était
prévisible, j’ai pourtant tardé à la
réaliser mais un soir d‘accrochage cela m’est
apparu comme une évidence. Le lendemain je suis allée
acheter ma toute première toile cela fait maintenant plus
de trois ans.
Je vous présente ici mes
derniers tableaux. Dans mes derniers travaux la terre n’était
plus qu’un support comme une toile fortement apprêtée.
Je démarre toujours mon travail par des croquis, dessins
sur papier qui seront la base axiale de ma toile.
Mon inspiration je la trouve dans
mon univers extérieur : des
bâtiments industriels à l’abbaye cistercienne,
aux voies urbaines, aux percées du macadam lors des travaux
du tramway, le ventre de la ville, mais aussi le ciel, la mer,
leur rencontre.
Ce sont lors de longues marches,
les sens aux aguets que je vais capter, collecter toutes ces données
sensibles et visuelles qui vont ensuite alimenter mon travail.
Lorsque je passe à la toile
je vais d’abord travailler "le fond" superposition
d’empreintes des dizaines de passages. Je fais, je défais,
j’accumule, j’efface…
Lorsque je parviens à un résultat satisfaisant,
je pose pinceaux aérographe.
S’arrêter, regarder, reprendre ses croquis, redessiner,
puis :
Créer l’espace, la
clarté, la profondeur, la lumière.
De nouveau effacer, recommencer,
essayer d’aller à l’essentiel, l’unité
Comme si je devais percer le mystère de la toile
J’ai parfois l’impression
à ce stade là que ma toile va m’échapper
et devenir tout à coup d’une évidence lumineuse.
Je sais alors que je ne dois plus y toucher . Et m’empresse
de la vernir.
Mon travail oscille entre spontanéité, travail à
l’éponge, brosse, tissus, bois, métal, grillages…
Et longues réflexions pour recentrer, restructurer, donner
sens .
J’aime quand la lumière
semble sortir de la toile et que ce long et parfois laborieux
travail devient simplicité et évidence.